La loi AGEC a posé deux jalons très différents pour le plastique. Le premier est passé : 100 % des emballages plastique recyclés au 1er janvier 2025. Le second est encore loin : la fin des plastiques à usage unique à l'horizon 2040. Le premier a été manqué, et la façon dont il l'a été explique beaucoup de choses sur le second.

Pourquoi l'objectif 2025 était hors de portée

Recycler 100 % des emballages plastique suppose que chaque emballage mis sur le marché soit techniquement recyclable, effectivement collecté, puis effectivement transformé en matière réutilisable. Il suffit qu'un seul de ces trois maillons cède pour que le compte n'y soit pas - et dans le cas des barquettes multicouches, des films fins ou des emballages composites, c'est le premier maillon qui manque. L'objectif supposait donc, en creux, une refonte des emballages eux-mêmes, pas seulement un effort de tri des ménages.

Ce que 2040 change dans le raisonnement

L'échéance de 2040 déplace la question : il ne s'agit plus de mieux traiter le plastique en fin de vie, mais de ne plus le produire pour des usages uniques. Les interdictions déjà entrées en vigueur dessinent la méthode - pailles, couverts, touillettes et boîtes en polystyrène depuis 2021, vaisselle jetable pour la restauration sur place depuis 2023. Chaque interdiction retire un objet du flux plutôt que d'essayer de le rattraper en aval. C'est plus lent qu'un objectif chiffré global, mais cela ne dépend pas d'une filière de recyclage qui n'existe pas encore.

Sources

Loi AGEC : résumé des mesures en vigueur et à venir
Zero Waste France